Nota : Dans le texte ci-dessous « le grand » renvoie au leader et « le petit » à l’agent qui n’a rien compris à la modernité !

 « Loin d’être attaché à un métier, ou agrippé à une qualification, le grand se révèle adaptable, flexible, susceptible de basculer d’une situation dans une autre très différente et de s’y ajuster, polyvalent, capable de changer d’activité ou d’outil, selon la nature de la relation dans laquelle il entre … ».

« Le grand est actif et autonome », il est leader de soi-même. « Il doit posséder […] de l’intuition, du talent » ; Il « sait anticiper pressentir, renifler les liens qui méritent d’être frayés ».

 

« Pour s’adapter aux situations qui s’offrent à lui, tout en conservant quelque chose d’étranger qui le rend intéressant, l’homme connexionniste s’appuie sur ses qualités communicationnelles, son tempérament convivial, son esprit ouvert et curieux. Mas il sait aussi donner de sa personne, être là quand il convient, où il convient, mettre en valeur sa présence dans des relations personnelles, en face à face : il est toujours disponible, d’humeur égale, sûr de lui sans arrogance, familier sans excès, serviable, ayant plus à offrir qu’à attendre. Sans qu’il le demande ni aille le chercher, les autres lui apportent les informations dont il a besoin. Il sait écouter, répondre de façon pertinente faire écho, poser les bonnes questions ». 

« Ils ont également du charme, au sens où ils échappent aux représentations stéréotypés que l’on pouvait avoir d’eux avant de les connaître ». Il « n’est pas seulement celui qui sait s’engager, mais aussi, celui qui est capable d’engager les autres, de donner de l’implication, de rendre désirable le fait de la suivre, parce qu’il inspire confiance, qu’il est charismatique, que sa vision produit de l’enthousiasme ; toutes qualités qui font de lui l’animateur d’une équipe qu’il ne dirige pas des façon autoritaire, mais en se mettant à l’écoute des autres, avec tolérance, en reconnaissant et en respectant les différences. Ce n’est pas un chef (hiérarchique, mais un intégrateur, un facilitateur, donneur de souffle, fédérateur d’énergies, impulseur de vie, de sens et d’autonomie.

Le grand est nomade, il est léger en tant qu’il est libéré du poids de ses propres passions et de ses valeurs ; ouverts aux différences (à l’inverses des personnalités rigides, absolutistes, attachés à la défense de valeurs universelles). Pour les mêmes raisons, il n’est pas critique (sauf pour défendre la tolérance et la différence).

Le grand renonce, sacrifie sa personnalité « au sens d’une manière d’être qui se manifesterait dans des attitudes et des conduites similaires quelles que soient les circonstances ».  Il est un caméléon.  Il « fait le sacrifice d’une certaine intériorité et de la fidélité à soi, pour mieux s’ajuster aux personnes avec lesquelles il entre en contact et aux situations, toujours changeants, dans lesquelles il se trouve amené à agir »


 « Le petit est celui qui ne peut s’engager, qui n’est pas engageable dans un projet ou qui se montre incapable de changer de projet » « la rigidité qui étant le contraire de la flexibilité, constitue …le défaut principal des petits.. » Cette rigidité peut « dériver de l’attachement à seul projet qu’il est impossible de lâcher quand se présente un projet nouveau  ou encore de l’attachement à un lieu qui, en rendant immobile et en enracinant dans le local, enferme le petit dans le cercle des liens déjà frayés et l’empêche de faire de nouvelles connexions. Elle peut enfin trouver son principe dans une préférence pour la sécurité  même au prix de l’autonomie ». « Ainsi, celui qui a un statut est quelqu’un qui n’est pas mobile. Celui qui a un statut sait ce qu’il peut attendre de la vie : quels sont ses devoirs (ce que l’on attend de lui) et ses droits (ce qu’il attend des autres). Si les désavantages attachés au statut  tiennent surtout aux limites qu’il impose aux  activités des personnes, les avantages statutaires sont… soupçonnés de dissimuler  des injustices, puisqu’en entravant la dynamique du projet, en installant les personnes dans la continuité, ils permettent d’éviter ces épreuves par excellences que constituent les moments de passage d’un projet à un autre »


 « Le grand est non seulement lui-même polyvalent, engagé et mobile mais il fait aussi bénéficier les autres de ces qualités en s’efforçant de faire progresser leur employabilité en même temps qu’il développe la sienne ». Les grands doivent « insuffler [aux petits] leur propre dynamisme, et les éveiller à eux-mêmes, en libérant leur gout de penser et d’agir avec leurs talents rendant les collaborateurs, auteurs ».

Extraits tirés de Luc BOTANLSKI, Eve CHIAPELLO, Le nouvel esprit du capitalisme, 2011, Gallimard.

 

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