SE SOUVENIR, C’EST DEJA COMPRENDRE

 

Il ne s’agit pas là de retracer l’histoire de la CGT mais de rappeler les grands moments de notre syndicat vu dans un contexte du mouvement ouvrier de notre pays. C’est au Congrès de Limoges, en septembre 1895, que nait la C.G.T. La société capitaliste y est dénoncée comme celle de l’exploitation de l’homme par l’homme et le caractère confédéral de l’organisation nationale est affirmé. On pense que le mouvement syndical doit avoir prépondérance sur le mouvement politique, l’indépendance syndicale n’est donc pas, à l’époque, correctement perçue.

Du développement des premières années à la scission de 1922

1ermai1906Bien que structurée, la confédération manque d’unité. En effet, les tendances locales, fédératives s’entrecroisent. En fait, plusieurs directions existent. En 1902, au Congrès de Montpellier on affirme la nécessité de défendre avant tout l’intérêt des salariés et on exprime le souci d’indépendance politique. En 1905, la S.F.I.O. est créée et la distinction entre le syndicat et le parti politique se confirme. Le mouvement revendicatif prend de l’ampleur dès le début du XXème siècle. Le 1er mai 1906, la C.G.T. lance le mot d’ordre « huit heures de travail, huit heures de loisirs, huit heures de sommeil… ».

A partir de 1908, les cadences de travail s’accélèrent, le coût de la vie s’élève ; Il y aura 1254 grèves de 1905 à 1913 et 220 000 grévistes en France en 1913. Le syndicat augmente en effectif. Toutefois, les tendances subsistent et s’entredéchirent. A la sortie de la guerre, on lutte pour les huit heures de travail par jour sans diminution de salaire, ce qui sera obtenu le 23 avril 1919. En 1920 et 21, des mouvements éclatent dans différents secteurs. Le prix du pain, du sucre, du charbon augmente ; le gouvernement et le patronat imposent des diminutions de salaire ! Les luttes s’organisent mais les dirigeants de la C.G.T. s’opposent les uns aux autres, certains ayant une attitude servile envers le pouvoir politique, le réformisme s’installe et les minoritaires se font exclure tour à tour de l’organisation. Après un ultime appel à l’unité, ces derniers créent, au Congrès de Saint-Etienne de 1922, la C.G.T.U. où ont leur place les travailleurs d’opinions diverses. Tous ceux qui, à l’époque, ont eu la lucidité et le courage de choisir la C.G.T.U., ont été les précurseurs de la C.G.T. d’aujourd’hui.

De la crise de 1929 à 1936

1929 sera le prélude de la crise mondiale, on enregistre 430 000 grévistes en France. En 1935, il y aura 439 000 chômeurs sur notre territoire et 24 millions dans le monde. En Allemagne, en Italie, en France, la bourgeoisie profite de la crise ; la montée du fascisme fait partie de son processus. La classe ouvrière se mobilisera encore une fois pour la paix. De 1934 à 1936, la riposte ouvrière grandit, aidée de l’action du comité de vigilance des intellectuels. Les grèves s’étendent, le 13 juillet 1935, un comité national du rassemblement populaire est créé avec pour objectifs : l’élévation des salaires, la dissolution des ligues factieuses et une politique de paix. L’action unitaire paiera. Le 6 mars 1936, la C.G.T. est réunifiée au Congrès de Toulouse. En mai suivant, la victoire politique de la gauche viendra couronner les efforts des travailleurs en lutte. Le 1er mai est gigantesque. On fait grève partout en France, les usines sont occupées. On comptera 16 620 grèves d’avril à décembre.

usine36-02

Le 7 juin 1936 seront signés les accords Matignon entre les syndicats, le gouvernement et le patronat avec pour conséquence : les congés payés, la semaine de 40 heures, le contrat collectif de travail, la liberté d’opinion et l’adhésion libre à un syndicat, l’élévation de 12% des salaires, l’engagement du patronat de ne pas tenir compte des opinions en matière d’embauche, de conduite ou répartition du travail… Au-delà des accords de Matignon, les luttes auront permis la signature de 7000 conventions collectives.

De 1937 à la guerre

En 1937, les houillères de Bauxite fournissent l’Allemagne ; En 1938, dans un contexte politique de dissolution du Front Populaire, la C.G.T. tente d’organiser la riposte ; le Congrès de Nantes mobilise les adhérents contre les décrets-lois de Paul Reynaud qui reviennent sur les conquêtes sociales de 36 : abolition de la semaine de 40 heures, imposition sur les salaires et la consommation, suppression des grands travaux d’utilité publique. La riposte n’est pas à la hauteur des enjeux. Certains dirigeants réformistes (ex-majoritaires) freinent les grèves. La répression sera brutale et le fascisme marque des points. La situation est difficile et c’est en 1939 qu’aura lieu, à nouveau, la scission syndicale en raison des pressions considérables exercées sur les travailleurs par la propagande de la droite et l’action des fascistes.

La guerre de 1939 à 1945

guerre44Dès 1940, la classe ouvrière s’organise dans la Résistance. L’action des cheminots, pour ne prendre qu’un exemple, fut de ce point de vue exemplaire. Tandis que les patrons exportaient la production vers l’Allemagne et que Pétain organisait la déportation des enfants juifs (le Vél d’Hiv), la classe ouvrière résistait contre la charte du travail de Pétain qui prévoyait l’interdiction des grèves et l’affiliation obligatoire au syndicat professionnel officiel et contre les patrons collaborateurs. En 1941, 120 000mineurs seront en grève contre l’exportation du charbon et pour l’élévation des salaires. En 1943, dans la clandestinité, la C.G.T. participe au Conseil National de la Résistance. En août 1944, Paris fut libéré et sans l’insurrection populaire l’armée de Leclerc aurait-elle pu y entrer ?... De nombreux militants auront payé leur engagement de leur vie ; ce qui, du reste, aura fait dire à François Mauriac que « …durant cette période, seule la classe ouvrière avait été, dans son ensemble, fidèle à la France… ».

L’après guerre

En 1946, la C.G.T. appuiera des propositions ministérielles permettant la création de la Sécurité Sociale et le Statut des Fonctionnaires. En 1947, le patronat tentera de revenir sur les conquêtes sociales et entamera une offensive économique en permettant une augmentation plus importante des prix que celle des salaires. Le plan Marshall voit le jour et sur l’impulsion de l’Américan Fédération of Labour (syndicat américain) finance les activités scissionnistes au sein de la C.G.T. Le Comité Confédéral National de novembre 1947 repoussera le soutien au plan Marshall (857 voix contre 127). La rupture est consommée et c’est de cette minorité que naitra Force Ouvrière. Dans la foulée, la Fédération de l’Education Nationale suivra ainsi que la Confédération Générale des Cadres. En 1949, sous prétexte de modernisation, la droite et le patronat cherchent à brader des pans de notre économie. Ils préconisent le réarmement de l’Allemagne et provoquent la guerre froide. Des militants seront emprisonnés pour fait de grève, 2000 mineurs seront incarcérés. La démocratie se détériore. En 1950, la C.G.T. répond à l’appel de Stockholm contre l’arme atomique et appelle à la défense de l’économie nationale. Elle condamne également la guerre d’Indochine.

Les grèves de 1953

En août 1953, de grandes grèves professionnelles (secteurs publics et nationalisés) auront lieu. Il s’agit de lutter contre les orientations du gouvernement (augmentation des loyers, démantèlement de la Sécurité Sociale, suppression de la retraite de combattant, augmentation de la productivité et baisse des salaires). La puissance du mouvement unitaire amènera de nombreux relèvements salariaux. L’action aura été payante.

De la guerre d’Algérie à 1968

Très vite, le Comité Confédéral National de la C.G.T. prend position, il exprime l’assurance de ses sentiments de fraternité de la classe ouvrière française et de solidarité dans la lutte pour les revendications nationales du peuple algérien. Au plan économique, la création du marché commun en 1957 introduit la libre circulation des marchandises dans les pays européens concernés. Sur ce point, la C.G.T. défend l’intérêt du pays et de ses travailleurs. Elle dénonce le rôle des monopoles qui aggravent la concurrence entre petits producteurs et permettent l’accumulation de profits pour le patronat. En 1963, éclate la grande grève des mineurs : 35 jours de lutte soutenue par les travailleurs de tout le pays qui aboutira par l’octroi de la 4ème semaine de congés payés et une augmentation de 11% au 1er janvier 1964. En novembre 1964, la C.F.D.T. est créée à partir de la C.F.T.C. qui subsiste.

1968 : du jamais vu

mai6815 millions de grévistes pendant plus d’un mois seront en lutte. L’unité d’action due à la révolte des étudiants et la place des intellectuels dans le processus de transformation de la société permettront d’amplifier le mouvement. C’est pour beaucoup une façon nouvelle d’envisager la vie, l’avenir et la lutte. La place de la femme dans la société et son droit à la dignité sont revendiqués. La C.G.T. aura toute sa place dans ce formidable mouvement social et c’est sans réticence qu’elle participera et approuvera les accords de Grenelle qui déboucheront sur la satisfaction considérables de revendications : augmentation du SMIC de + de 35%, la reconnaissance légale du syndicat dans l’entreprise, une élévation importante des salaires, ... qui conduira, du reste, à la relance de l’activité économique.

De 1968 à nos jours

Après les évènements de 1968, les bouleversements technologiques et les mutations du salariat s’accélèrent. L’élection de François Mitterrand en 1981, entrainera la désunion et l’émiettement du syndicalisme. Seule, la C.G.T. demeurera la force d’entrainement des luttes, la C.F.D.T. prônera le « réalisme social », F.O. « l’indépendance » et la C.G.C. « le corporatisme ». Parallèlement, se constituera le groupe des 10 à partir de syndicats autonomes. En 1995, la C.G.T. poursuivra son travail unitaire qui permettra, avec l’aide de F.O., de SUD (créé par des exclus de la C.F.D.T.), de la F.S.U. et de quelques militants C.F.D.T., de repousser les projets gouvernementaux remettant en cause les retraites. L’éparpillement se poursuit avec l’UNSA qui est aujourd’hui reconnue représentative. Dans ce contexte la C.G.T. lance l’idée du « syndicalisme rassemblé ».

photo de manif unitaire sur les retraitesL’enjeu est clair, il s’agit de transformer notre société en une société qui profite au plus grand nombre. Si les travailleurs veulent réaliser la transformation économique et démocratique de la société française, ils doivent lutter contre la volonté du patronat et de ses représentants gouvernementaux de se fondre dans une politique mondialiste où seul le fric à sa place.

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